Quels moyens pour soulager les douleurs post-épisiotomie

par Blandine, 2005

Voici une liste des différents moyens qui pourront vous permettre de soulager les douleurs liées à l’épisiotomie. N’hésitez pas à rajouter les votres !

Vous avez subi une épisiotomie … ou votre périnée a déchiré, et a nécessité une suture …

Parfois vous ne souffrez pas ensuite ; vous avez beaucoup de chance ! ! !

Mais souvent, la souffrance est au rendez-vous, dans les heures, les jours, les semaines … parfois les mois voire les années qui suivent.

Que faire pour soulager ?

A la maternité, le plus souvent, vous avez droit à des anti douleurs légers, type doliprane, et / ou à des anti inflammatoires. De la glace aussi peut être proposée, et l’utilisation d’une bouée pour s’asseoir en souffrant moins.

Mais c’est parfois, trop souvent, notoirement insuffisant …

Certaines femmes ont testé, avec des résultats satisfaisants :

– l’emploi dès que possible de granules homéopathiques d’arnica, qui ne jouent pas sur la douleur mais aident à ce que le traumatisme du périnée se résorbe au mieux
– le confort de ne rien porter, juste une grosse serviettes éponge entre les jambes, autant que de fois que possible …
– l’utilisation de crèmes anesthésiques à base de morphiniques, sur ordonnance uniquement. Attention, deux de ces crèmes et gels sont prévues pour de tous autres usages (l’un pour la gorge, l’autre pour les examens urétraux), mais peuvent être employés avec beaucoup de bénéfices pour supprimer les douleurs post épisiotomies ou déchirures. Leur effet est cependant transitoire (quelques heures), et il faut en mettre une couche conséquente. Mais quelle aide pour passer le cap souvent difficile des premières heures / premiers jours ! ! ! !
– se faire prescrire de la crème anesthésique EMLA a mettre en couche épaisse … soulagement mais transitoire malheureusement
– des glaçons dans une grosse serviette sur le périnée OU des gants de toilette d’eau chaude / tiède
Peut être aussi utilisée en cas de dyspareunies (douleurs durant les rapports sexuels) durables, avec tout un équilibre à faire entre supprimer la douleur et supprimer toutes les sensations.

Un site gynécologique recommande :

http://www.gyneweb.fr/Sources/gdpublic/post-partum/episio.htm
– Homéopathie : Arnica montana 9ch (aide à réduire le traumatisme du périnée), staphysagria 9ch (cicatrisation) toutes les deux heures puis trois fois par jour. Pour les oedèmes, Apis 9ch, trois fois 2 granules par jour.
– Huiles essentielles : quelques gouttes de décoction d’hamamélis – en pharmacie – sur la serviette hygiènique éviterait que le sang n’adhère à l’épisiotomie suturée
Ce site recommande également d’autres préparations à base d’huiles essentielles, sans préciser leur utilité thérapeutique.

A EVITER :

– sécher la suture avec un séchoir électrique ; cela cartonne les berges de la plaie et rend la cicatrisation plus difficile, sans compter les risques de brûlures (déjà vu …). Cette partie du corps n’est pas prévue pour être sèche, mais constamment humide. Vouloir l’assécher à tout prix peut causer des dommages.
– s’asseoir de longues heures avec la bouée, qui provoque une congestion à la longue et une compression de certaines zones qui ne sont pas faites pour supporter cela. La bouée doit être d’utilisation sporadique et rare, quand vraiment on ne peut faire autrement. Si vous allaitez, le faire allongée sur le côté. Eviter autant que faire se peut la position assise, et les positions qui induisent des douleurs.

Une fois l’épisiotomie ou la déchirure cicatrisée, si les douleurs persistent, outre les moyens ci dessus qu’on peut continuer à utiliser, il est possible :

– de masser avec la crème rescue, disponible en magasin bio, avec de l’huile d’amande douce, ou avec des mélanges d’huiles essentielles – mais attention de choisir soigneusement, les huiles sont parfois très actives
– faire des cataplasmes d’argile verte surfine (en pharmacie)

A SAVOIR :

– des douleurs violentes à pleurer
– des douleurs qui excèdent quelques semaines
– des douleurs qui s’estompent puis reprennent de plus belle et vont croissant
– des douleurs qui augmentent ou durent

ET / OU SI …
– la douleur devient aiguë, lancinante
– une odeur forte et inhabituelle se dégage de la plaie
– vous avez une montée de fièvre
– il y a des pertes inhabituelles, en couleur, en abondance, en consistance …

CE N’EST PAS NORMAL ! ! ! ! Il faut impérativement consulter au plus vite, et insister si on vous dit que c’est normal. Ne pas se laisser rebuter par les refus.

 

Eraillures, petites déchirures non suturées : trucs pour avoir moins mal

06-11-2005

Texte mis en forme par Blandine
Sur des idées et une trame de Fred et Barbara

Souvent l’accouchement provoque des éraillures (peau arrachée, muqueuse à vif), et de petites déchirures (peau et muqueuse déchirées plus ou moins profondément). Ces blessures peuvent être ou non suturées, selon la pratique de la sage femme ou de l’obstétricien, selon l’importance de l’atteinte, mais aussi et surtout selon les désirs et demandes de la femme. Si le choix est fait de ne pas suturer; quelques petits trucs pour faciliter les premiers jours.

Juste après la naissance, dans quelle mesure, avec un miroir ou en décrivant la situation, est il possible de demander á la femme quel niveau de décision elle souhaite avoir. Quel niveau de médicalisation. Car certaines peuvent se trouver perdues d’avoir d’un coup á se prendre en charge : c’est là le même débat que la position couchée dos/côté/accroupi des lors qu’elle devient imposée.

Uriner sur ces blessures entraîne des brûlures plus ou moins vives ; le truc qu’il faudrait donner aux femmes non suturées est, je crois, d’uriner en même temps que de faire couler un filet d’eau froide sur le périnée : ça réduit l’acidité de l’urine et du coup, ça pique moins (ou pas).
Nec plus ultra : rajouter quelques gouttes de teinture mère de calendula, qui soulage, aseptise et aide à la cicatrisation !
Et BOIRE ! ! ! ! ! ! ! ! ! boire beaucoup, car si cela augmente le nombre des mictions, cela dilue aussi la concentration d’urine … donc la brûlure est d’autant moins forte.

A cela ajoute la position: dans une douche/baignoire l’appui est pris sur les pieds avec recherche de la « bonne » position pour cette femme lá, ce traumatisme périnéal lá. Fléchissement variable des genoux. Mains appuyées ou non en avant sur un mur et ainsi de suite.

Sur le siège des toilettes, à cause de l’appui sur le siège, la plaie peut avoir tendance a s’écarter, et l’oedème éventuel y est ressenti de façon plus douloureuse que debout ou en position semi fléchie avec appui des bras.

Moi, j’ai plutôt utilisé de l’eau tiède, d’autres pourrait apprécié chaud/froid ou alternance. Je pense qu’il y a une inversion de logique á avoir. La femme est l’experte du ressenti de son propre corps. Elle a disposition un environnement dont elle sait intuitivement tirer partie dés lors qu’elle n’est pas convaincu que quelqu’un, quelqu’une sait mieux qu’elle.

Oui ca brûle un peu pendant la miction. C’est á dire au plus quelques minutes par jours pendant env 3 jours pendant les quelques minutes que nous passons á cela. C’est á mettre au regard avec la gêne d’un fil qui d’après mon expérience personnelle s’étale sur un temps bien plus long et sans discontinuer. Sans compter les suites afférentes à une suture : nécessité d’employer des produits anesthésiques le plus souvent -–sauf si la femme le refuse -, avec les inconvénients, complications éventuelles, inconfort voire pire … et en continu.

En cas de cicatrisation qui « gratte », qui « rame » un moyen que quasi toute femme a sous la main c’est d’utiliser son excédent de lait maternel….c’est utilisable sur muqueuse, sans effets secondaires, risques d’allergie, ca ne coûte rien, c’est plein d’anticorps pour lutter /un début d’infection et favorise la cicatrisation. Trop simple!

En cas d’échec de cette première « intervention » où la femme se suffit á elle même, il est toujours temps de sortir alors l’artillerie lourde.

 

 

Regards croisés sur une pratique courante: l’anesthésie de suture

Écrit par Blandine
22-03-2008

La suture de l’épisiotomie … parfois un très mauvais souvenir … Pourquoi ? parce qu’au nom de croyances – les tissus étirés seraient insensibles par ex – il y a parfois, trop souvent une suture sans aucune prise en compte de la douleur induite, voire en niant cette souffrance, en se moquant de la femme …

REGARD DE LA LOI :

Article L1111.05

Toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée. 

REGARD DU CODE DE DEONTOLOGIE MEDICALE :
Article 34

En toutes circonstances, le médecin doit s'efforcer de soulager les souffrances de son malade. 

REGARDS D’OBSTETRICIENS :

La technique de suture :

Pour mémoire, rappelons que la technique de réparation est fondamentale et joue un rôle dans la qualité de la réparation et dans le confort immédiat. Il faut donc utiliser des sutures résorbables modernes (polyglactines, type Vicryl) sur tous les plans, et pour la peau du Vicryl à résorption rapide ce qui supprime les ablations de fils ultérieures. Si l’on met des points séparés sur la peau, il ne faut pas trop les serrer, surtout au niveau de la fourchette vulvaire. Mais, la meilleure technique, à conseiller, est la suture par un seul fil continu qui enchaîne surjet muqueuse vaginale, surjet plan musculaire et surjet intradermique cutané. Bernard Maria.

La techniqued’analgésie :

Il y a deux techniques prédominantes :

1. La péridurale, si fréquente, mais qui fournit, parfois grâce à une réinjection après la naissance, une excellente analgésie pour réparer le périnée.

2. L’analgésie locale qui consiste, après installation de la patiente, à infiltrer largement le périnée (plan musculaire + zone sous-cutanée de chaque coté, de la pointe au vestibule) avec de la Xylocaïne 1 %; il faut patienter 2 mn pour obtenir l’analgésie avant de débuter la réparation; si nécessaire, en cas de douleur, infiltrer de nouveau.

Enfin, il ne faut pas oublier que les suites immédiates des épisiotomies sont douloureuses pendant les 48 premières heures du post-partum (score EVA > 6 versus score EVA < 2 si accouchement vaginal sans traumatisme). Pour le confort et le respect des parturientes, il faudrait envisager un traitement antalgique systématique, compatible avec l’allaitement (paracétamol + AINS). Traiter la douleur est indispensable pour permettre aux femmes d’être disponible pour leur enfant. Bernard Maria

Y-a-t-il des pathologies ou urgences qui nécessitent une suture d’épisiotomie (et ou de déchirure) sans anesthésie?

  • Très honnêtement on a toujours le temps de « reconstruire » un périnée, de recoudre un périnée, même plusieurs heures après, si les conditions d’anesthésie locale ne sont pas bonnes dans l’immédiateté de l’après accouchement. On a toujours le temps de «remettre» à un peu plus tard la réfection du périnée dans des conditions telles que la maman ne souffre pas. Max ploquin
  • Il n’y a pas à mon sens aucune raison de ne pas attendre une parfaite anesthésie locale ou de laisser se continuer une péridurale qui c’est vrai, bien souvent est arrêtée dès l’accouchement et avant la couture de l’épisiotomie (mais est elle bien efficace sur le périnée par rapport à son efficacité sur les contractions?) Patrick Stora
  • La réponse est simple : JAMAIS ! En l’absence de péridurale ou d’anesthésiste, tout médecin et toute sage-femme peuvent et doivent pratiquer une anesthésie locale.Il est clairement écrit dans les traités d’Obstétrique actuels (Parant O, Reme JM, Monrozies X, Episiotomie, EMC Techniques Chirurgicales, 2000, 41-897 ; Fritel X, Carasset G, Pigné A, Episiotomie, in Cabrol D, Pons JC, Goffinet F, Traité d’Obstétrique, Flammarion, Paris, 2003, 809-811) que la réparation des épisiotomies et déchirures périnéales se font après l’accouchement et la délivrance, dans de bonnes conditions d’installation (position gynécologique, éclairage, matériel et technique) avec une BONNE ANALGESIE. Bernard Maria
  • Dans aucun cas. Paul Cesbron

REGARDS DE SAGES FEMMES :

Petite enquête rapide, impromptue sur une journée rééducation périnéale :

Suite à nos échanges j’ai décidé de creuser un peu plus le sujet de l’anesthésie lors de la suture auprès de mes patientes de rééducation périnéale. La journée commence avec ******* qui est une amie infirmière je lui parle de l’article prévu sur les sutures d’épisiotomie et leur anesthésie, et là elle me regarde en disant : «on peut anesthésier ? Je ne crois pas. Les 2 fois je n’ai eu qu’un anesthésique en spray qui ne fait rien ? On m’a dit que je ne pouvais avoir rien d’autre ? J’ai souffert pendant 20 mn à chaque fois et en plus lors de la naissance de ma fille je ne l’avais pas sur moi, j’ai demandé qu’on me la donne au moins et la sage femme m’a dit il fallait que j’attende qu’elle ai recousu, car elle avait des gants stériles et ne pouvait me le donner.»
Ma patiente suivante lorsque j’aborde ce sujet me dit que c’est son plus mauvais souvenir la péridurale ne marchait plus et elle n’a pas eu droit à d’autres anesthésies. Cette journée là je verrais 12 femmes pour de la rééducation, 11 ont eu une épisiotomie et seulement 3 ont été anesthésiées correctement (reste de péridurale). Pour les autres cela reste un souvenir très douloureux
Voilà il faudrait faire une étude sur plus de femmes mais …..

Maya 

Y-a-t-il des pathologies ou urgences qui nécessitent une suture d’épisiotomie (et ou de déchirure) sans anesthésie?Je ne suis pas une praticienne de l’épisiotomie car mes patientes ont toujours préparé leur périnée et choisi les positions permettant de l’éviter, je vais donc répondre par mon expérience en garde ou à travers mon parcours des « usines à bébé ».

Cas cliniques où l’anesthésie est insuffisante pour la suture d’un périnée :

1/ en cas de péridurale ne faisant plus d’effet lorsque les praticiens surchargés de travail pensent encore que la patiente est encore anesthésiée (l’habitude de recoudre les périnées sous anesthésie péridurale est beaucoup plus fréquente qu’on ne le croit vu le taux de péridurales actuelles (90 à 95 % dans certaines structures)).

2/ quand le praticien est pressé, et qu’il n’attend pas l’effet des injections de xylocaïne pour suturer

3/ quand il n’y a que des éraillures nous nous entendons avec notre patiente pour après un spray de xylo ne faire que les points nécessaires qu’elle sent bien évidemment, mais il faut savoir que de toute façon elle aurait senti les piqûres d’injection de xylo, alors ca revient au même.

4/ en cas d’allergie à la xylocaïne, mais la encore il faut interroger ceux qui pratiquent la péri et toutes ces composantes anesthésiques, ce qui bien évidemment n’est pas ma spécialité.

Je passe sous silence les violences faites aux femmes et l’adhésion trop prégnante des femmes elles-mêmes à la péridurale, : sans péri point de salut. Cela il ne faut pas l’oublier et c’est aussi cela qui entraîne des abus…

Marie Hélène de Valors
* Alors pour l’anesthésie des bloc honteux, je ne trouve pas que sur la peau on aie de très bons résultats, mais ça marche bien chez les femmes qui ont envie de pousser trop tôt pour éviter qu’elles ne déchirent leur col.
Pour ce qui est de l’anesthésie pour recoudre, il faut piquer le vagin et le muscle, et pas la peau car c’est cela qui est très douloureux. En passant par le vagin on passe sous la peau et l’anesthésie locale se sent à peine et marche bien.
Et si je sais qu’il va y avoir une épisiotomie, je pense surtout lorsqu’on va faire un forceps, je fais l’anesthésie avant la naissance de bébé et je ne laisse ma place que lorsque j’ai posé cette locale. Le fait de piquer alors que le bébé n’est pas encore passé est beaucoup moins douloureux et pareil en passant en sous cutané par le vagin ça marche super bien. Les femmes ne sentent rien de la suture.

Maya

Les éraillures ….

Les éraillures, très fréquentes au cours de l’accouchement, correspondent à une grosse égratignure. La peau est arrachée, la muqueuse à vif … que faire ? suturer ou pas ? Sous anesthésie ou pas ?

  • Doivent elles toujours être reprises ? De plus en plus, je demande aux dames de me décrire ce qu’elles sentent, si, après le passage du bébé et du placenta, ça continue à brûler. Bien souvent, lors d’une déchirure, une fois que le temps a repris son cours après une naissance, que parents et enfant se regardent, ça ne brûle plus. En accord avec elles, si elles se sentent bien, je ne suture pas. Je me « couvre » lâchement du médico légal en parlant sincèrement, et dans les yeux, et en soulignant que je ne le fais pas au prix, mais c’est évident et ce n’est pas un manque de considération de ma part, d’une hygiène rigoureuse. Je suis obligée de le spécifier pour être en accord avec ce que je vais noter dans le dossier, le sacro saint dossier. Du coup, je ne suture plus des masses. Delphine
  •  A propos des éraillures, moi je ne suture que quand ça saigne même quand j ai un peu « appuyé » dessus pour faire hémostase. Si ça continue de saigner, j ai peur que la perte de sang, petit à petit soit assez importante, on en a assez perdu comme ça, pas la peine de « gâcher » pour une petite éraillure. Si après avoir un peu appuyé dessus ça ne saigne plus, je ne suture pas. C est vrai que ça brûle un peu, mais il parait que les fils sur la muqueuse sont tout aussi douloureux quand ça cicatrise. Et en plus c’ est difficile à anesthésier ! Du coup, je ne suture plus des masses non plus. Stéphanie 

* Le seul cas ou je ne fais pas d’anesthésie a la seringue, seulement du spray ou du contact, c’est lorsque je n’ai qu’un point a faire…. si je pique en plus, ca ne sert a rien…. sinon j’utilise de la locale injectable et parfois je rajoute un peu de spray…. si il y a péridurale efficace, je l’arrête qu’après les points. Je vérifie toujours si elle fonctionne bien. Angelina

* Quand il n’y a qu’un point à faire, je ne fais pas de piqûre d’anesthésiant (en expliquant à la femme pourquoi), car mes piqûres sont aussi douloureuses que mes points, ça fait gonfler donc moins bien suturer, ça fait saigner…
Et quand une femme pisse le sang, je lui dis que je mets quelques points à vif car je n’ai pas le temps d’anesthésier et que je finis après avec une anesthésie.
Quand ça saigne, ce sont les points vaginaux que je fais vite. D’après les femmes, ce sont les points les moins douloureux, ceux qu’elles ne sentent pas toujours. Si je dois anesthésier le vagin, je pique au niveau de la fourchette, là où justement c’est le plus douloureux.

Ceci dit, je parle de déchirure et non pas d’épisiotomie.
Je ne suis pas contre l’anesthésie du bloc honteux, encore faudrait-il que je sache faire… Sabrina

REGARDS DE FEMMES :

Témoignages de sutures d’épisiotomie ou de déchirure à vif

J’ai perdu les eaux (pas entièrement) le 27 Juillet 1997 vers 19h et je suis partis tranquillement à la maternité. Ils me font tous les contrôles, comme je n’aie pas encore de contractions et que la poche d’eaux est un peu fêlé, je dois rester à la maternité. Il n’y avait plus de place en haut dans les chambres donc je suis rester en bas aux Urgences.
En tout 17h de travail, comme c’était long …

Nous sommes le 28 juillet 1997.

Je me retrouve seule à la salle d’accouchement, mon mari arrive et je sens que le bébé veut sortir et là je regarde mon mari et je lui dis va les voir si j’ai le droit de pousser (je n’y connais rien, 1er accouchement à 21ans) il revient seul et me dit vas y tu peux pousser, j’étais dégoûter car ils sont venus après tranquillement mais moi je suis jeune et inexpérimentée mais bon on commence l’accouchement qui se passe bien, ont m’aide en m’appuyant sur le ventre et voilà que mon fils arrive; ils ont fait une épisiotomie. J’ai eu une péridurale que j’avais demandée.

Je vois mon bébé et ils vont faire les soins, ensuite ils sort le placenta, bref, normal jusqu’au moment de la suture, il commence et je sens tout alors je lui dit et il commence à gueuler en disant que le temps qu’il me fasse une anesthésie, il aura fini de me recoudre, je ne sais pas le temps que cela a duré, mais croit moi que c’était pour moi une éternité et cela faisait très mal. Nanouguy – 1997

* J’ai accouché de S. le 21 août 1999 à la clinique C. de Montpellier. Elle est née 5 semaines avant terme, l’équipe était un peu stressée. Mon col a eu du mal à s’ouvrir et je fatiguais. du coup péri et ocytocine en milieu d’après midi (j’avais perdu les eaux tôt le matin). Le coeur de Sarah se fatiguait, le rythme baissait et je ne me souviens pas trop de ce qui c’est dit, j’étais dans les vap et épuisée. Je me souviens qu’il y avait beaucoup de monde, qu’on cherchait un anesthésiste qui tardait à arriver, que la gynéco s’énervait… il y avait aussi le pédiatre qui était déjà là.

Bref, je n’ai pas senti lorsqu’ils ont coupé mais le bruit des ciseaux qui coupent ma peau ça je m’en souviendrai toujours.

Enfin ils ont utilisé les forceps pour sortir rapidement S.

Ensuite il a fallu recoudre. C’était un cauchemar. on ne pouvait plus mettre anesthésie locale (j’en avais eu trop). On m’a dit d’arrêter mon cinéma, que ce n’était pas si terrible, etc … c’était absolument horrible. En plus il me semble qu’il fallait faire vite, l’anesthésiste ne voulait rien faire malgré les demandes de la gynéco.

Bref c’est un très très mauvais souvenir. c’est sans compter les douleurs ensuite pendant plusieurs semaines et parfois encore maintenant. Linnou – Montpellier – 1999 

Pour le 2e accouchement : voie basse normale, péridurale inefficace et épisiotomie. J’ai bien senti quand l’obstétricien a coupé mais ça a vraiment libéré une tension, donc ça a été presque un soulagement. L’obstétricien m’a recousue plus ou moins à vif (coté non endormi) et quand j’ai commencé à vraiment trop geindre pour lui, il a mis un pschitt de xylocaïne (je crois mais il n’a pas attendu que cela fasse effet.

Pour le 3e accouchement, voie basse, pas de péridurale et déchirure. La déchirure a eu lieu à coté de la cicatrice des épisiotomies. Ça a fait comme une corde trop tendue qui claque. La sage-femme m’a recousue dans la foulée de l’expulsion du placenta sans anesthésie locale, l’aiguille n’était pas très agréable (sensation d’une piqûre quand on se pique quand on coud). Ce n’était pas une partie de plaisir, mais après les contractions, la naissance et l’expulsion du placenta, c’était supportable (surtout avec un peu de sophrologie : on se concentre sur autre chose que la douleur).Myriam – Saint Michel sur Orge, 91 

* Je suis arrivée vers 3h du matin. J’ai appris que je ne pouvais avoir la péridurale à cause de coupures électriques sur la clinique (j’ai su après que c’était des tests …). J’ai eu une épisiotomie. C’était une jeune sage femme, qui avait à peu près mon âge. Mon bébé est parti pour les soins avec le papa. Elle a commencé à suturer à vif « Je ne sais pas faire sans péridurale » m’a-t-elle affirmé. La suture a duré près d’une heure, je pleurais, sanglotais et la suppliais d’arrêter ou de faire quelque chose pour que je ne souffre pas tant, j’ai failli tourner de l’œil … J’ai plus souffert de cette suture que de l’accouchement. Natacha – Le Chesnais, août 2004. 

* Je suis arrivée à la clinique du T. pour accoucher de mon premier enfant sans appréhension particulière, au contraire, plutôt sereine. Je suis arrivée vers 16H30 ayant perdu les eaux à mon domicile. Vers 21H00 ils m’ont fait passer en salle d’accouchement car j’étais à 3 cm de dilatation. J’ai demandé une péridurale que j’ai eu 20 mn plus tard. Elle n’a pas fonctionné mais l’anesthésiste n’est jamais revenu voir pourquoi. Les sages-femmes ont à notre avis (ça reste à vérifier dès que j’aurai récupéré mon dossier médical) mal fait leur travail de surveillance si bien que lorsque j’ai senti que je ne pouvais plus me retenir de pousser, mon bébé était en souffrance foetale et je n’étais qu’à 8 cm de dilatation. Elles ont appelé le gynéco en urgence. Il est arrivé très rapidement et nous avons vu ,mon ami et moi, que quelque chose n’allait pas à sa tête. Quand il a vu le tracé il a dit :  » il faut le sortir tout de suite. » Je suis persuadée qu’il a fait ce qu’il fallait pour R. mais pas pour moi. Il est entré sans répondre à mon bonjour et sans nous regarder. Il ne s’est adressé pendant tout l’accouchement qu’à son équipe comme si nous n’existions pas. Je souffrais depuis plus de deux heures et j’étais en hyperventilation. Je n’arrivais pas du tout à me contrôler à cause de la douleur (les contractions étaient toutes les 2 mn). Les sages femmes sont venues de chaque côté de la table et m’ont dit : » on va se coucher sur votre ventre pour empêcher le bébé de remonter. » Sauf qu’elles se couchaient au moment où j’inspirais si bien que mes poussées étaient inefficaces. L’une d’elles n’arrêtait pas de « m’engueuler » (il n’y a pas d’autre mot) en me culpabilisant de ne pas réussir à « sortir » R. Le gynéco m’a fait l’épisiotomie entre deux poussées si bien que j’ai tout senti (à tel point que j’ai cru qu’il m’avait coupée jusqu’à l’anus) et il a sorti R. avec les ventouses, toujours sans prononcer un mot à notre égard. La puéricultrice et le pédiatre ont emmené tout de suite mon bébé et je suis restée face au gynéco pendant que mon ami suivait le petit. Il a attendu à peine 5 mn et il a appuyé d’un coup sur mon ventre et tiré sur le cordon pour récupérer le placenta. Je n’arrêtais pas de dire que j’avais mal et je respirais toujours difficilement. Il a alors commencé à recoudre sans prendre le temps de m’anesthésier ou de s’assurer que je l’étais. Il n’a pas dit un seul mot, ne m’a pas regardée. Le pédiatre qui était venu me donner des nouvelles de R. m’a dit qu’il préférait repasser à un meilleur moment pour moi. Quand mon ami est revenu et qu’il a vu ce qu’il faisait, ce boucher m’a adressé pour la première fois la parole pour me dire : » à parce que je vous fais mal là ? » Mon ami lui a précisé que la péridurale n’avait pas fonctionné et que je n’étais pas anesthésiée, il lui a répondu : » de toutes façons il ne reste plus qu’un point. » Il a terminé sa boucherie et il est parti fidèle à lui même sans un regard et sans un mot.

Je crois à posteriori que c’est cette déshumanisation qui m’a le plus choqué après l’état physique de R. J’ai eu l’impression de n’être pour lui qu’un tas de viande autour de mon bébé et d’avoir touché de près ce que les personnes qui sont torturées peuvent ressentir : vous êtes maintenu sur une table, on vous fait mal sans tenir compte de vos supplications et en vous méprisant. Le lendemain, j’ai fondu en larmes en réalisant qu’ils avaient vraiment fait ce qu’ils avaient voulu de mon corps. Toute cette équipe « médicale » m’a volé ce qui aurait du être le plus beau moment de ma vie et qui restera associé à une douleur physique et morale. J’aimerais vraiment que mon témoignage serve à épargner d’autres femmes car à notre époque, avec les moyens médicamenteux à notre disposition, cette pratique, hélas trop fréquente, pourrait être évitée. Carole – Grenoble – Novembre 2005 

* C’était en 1982 … mon premier enfant. Je me souviens que la sage femme avait une étrange attitude entre mes jambes, comme si elle se cachait, que j’ai bougé et protesté pour savoir ce qui se passait. Elle a fini par m’expliquer qu’elle allait faire une épisiotomie, j’ai laissé faire. J’ai subi une grosse épisiotomie qui a surdéchiré. J’ai vu la petite élève sage femme entre mes jambes, qui regardait, devenir verte et sortir en courant la main sur la bouche, juste après avoir entendu ce bruit des ciseau, ce bruit qui tranche la chair et le muscle, ce bruit que j’entendrais je crois encore longtemps. Après l’accouchement, je me suis retrouvée seule en salle de travail, les jambes écartées, devant la porte de la salle grande ouverte sur un couloir passant. Un homme en blouse blanche est entré, ne s’est pas présenté, ne m’a pas regardée, s’est assis entre mes jambes et a piqué. J’ai hurlé de douleur. Il m’a dit d’arrêter de faire l’enfant, que je ne sentais rien car sous péridurale, que je perdais du sang, qu’il fallait suturer vite. J’ai répliqué en bougeant le bassin pour l’empêcher de repiquer … s’en est suivi un échange assez vif, où je lui ai promis le pire s’il tentait de recommencer à vif, au bout duquel finalement il est allé en soupirant très fort chercher de quoi anesthésier. Il a ensuite été très professionnel, piquant plusieurs fois pour anesthésier, vérifiant que je n’avais plus mal … la suture a duré plus d’une heure. Il a réinjecté de l’anesthésiant au bout d’un moment, toujours en me prévenant et en expliquant. Blandine – Hôpital parisien réputé – 1982 

Un papa raconte …

On demande à ma femme de pousser de toutes ses forces, elle s’exécute mais la douleur est terrible, toujours au niveau de la cicatrice de l’utérus <césarienne antérieure>. On ne l’écoute pas… Il y a longtemps que la péridurale n’est plus efficace. Au bout d’un certain temps, la sage-femme a même la phrase malheureuse : » puisque vous ne savez pas pousser, on va prendre les forceps… »

Le Docteur D. procède aux épisiotomies qui font bondir ma femme, prend alors les forceps, les introduit profondément et commence alors une torture qui parait interminable, Caroline n’ayant plus d’effet d’anesthésie, je le répète. Je l’entends dire que c’est une « OS » et c’est sous les cris de ma femme que l’on sort difficilement le bébé, bien marqué par les forceps.

Aucune parole de réconfort, aucune explication du Docteur et de la sage-femme…Devant ce qui vient de se passer, on fait silence. Je sors à ce moment avec C. pour les soins du bébé. A mon retour dans la salle de travail avec ma petite fille dans les bras, je constate, plus de trente minutes après, que le Docteur D. est toujours en train de faire les points de suture, et toujours sans aucune anesthésie. J’apprends par ma femme totalement épuisée qu’on vient de lui faire une révision utérine, des points dans le vagin (deux déchirures: à gauche et à droite) et qu’on continue à la « recoudre » sans anesthésie.

L’accouchement barbare s’est terminé avec une révision utérine, et quarante minutes de « couture », sans anesthésie.Raymond. Athis Mons, 91 / octobre 2005

CONCLUSION …

La technique d’anesthésie de suture d’épisiotomie ou de déchirure est bien balisée. Les praticiens savent comment faire, c’est codifié, expliqué, encadré.

Pourtant … ce n’est pas toujours fait. Et nombre de femmes subissent une suture parfois longue sans anesthésie sans vraiment protester.

C’est inadmissible de la part des soignants, intolérable et inacceptable.

Il est TRES FACILE de ne pas faire souffrir lors d’une suture après déchirure et ou épisiotomie.

ALORS POURQUOI ENCORE TANT DE TEMOIGNAGES PARLANT DE SUTURES A VIF ???

Pourquoi certains obstétriciens, certaines sages femmes pronent de « serrer les dents en pensant au bébé ? » ???

COMBIEN DE TEMPS DOIT ON SUPPORTER UN TEL DISCOURS, COMBIEN DE TEMPS PEUT ON ACCEPTER UN TEL COMPORTEMENT INTOLERABLE DE LA PART DE SOIGNANTS ?